Déconfinement d’enfer sur Zampory

Publié le par AmalgamExplo

En rentrant du Z127

En rentrant du Z127

Samedi 17 Juillet au chalet Arsip. Il est 6h00 du mat.

Tout le monde est là devant son bol de café fumant, tout le monde est silencieux, le réveil est difficile.

Tout le monde ? presque… Parce que Thomas lui, (et même à jeun) dès qu’il a un œil ouvert, est déjà prêt à faire le con ! Et il ne s’en prive pas le bougre ! ça va être une grande journée au 127.

Peu avant 7h00, l’équipe de la sima Garibal est déjà partie. Xebas et Thomas attaqueront la désob du « pas du Zézé » au-delà du terminus topo de Jérôme au « Burinator » tandis que Damien et Régis fonceront vers le terminus 2020 tout en relevant la topo.

Raymond et Alain quittent le chalet vers 7h15 pour aller « discuter » avec les étroitures d’entrée du Z106.

Nous projetons en effet de reprendre ce gouffre idéalement placé sur le trajet du méandre de la désobstination de la sima Garibal. Un méandre avec un bon courant d’air attend notre « intervention musclée » à -206.

Mais au préalable, il faut s’occuper de l’aménagement du méandre extrêmement étroit qui fait suite au premier ressaut près de l’entrée.

Durant 7h00, nous nous appliquons à faire de ce passage ignoble un méandre confortable qui permettra aux vieux os (de certains) de ne pas trop souffrir et à accéder sereinement au réseau profond.

Nous nous arrêtons très près du deuxième ressaut car les accus des perfos et burineurs sont vides. Mission accomplie.

La désob à l'entrée de ce WE et la topo avec les points d'intérêt (cercles rouges) le 4 sera privilégié.
La désob à l'entrée de ce WE et la topo avec les points d'intérêt (cercles rouges) le 4 sera privilégié.

La désob à l'entrée de ce WE et la topo avec les points d'intérêt (cercles rouges) le 4 sera privilégié.

Nous rentrons au chalet et attendons patiemment la sortie de l’équipe du Z127.

Ils sont là vers 19h30.

La désob du « pas de Zézé » a bien avancé mais il y a encore du boulot pour que les plus gr… costauds passent plus facilement.

L’équipe de pointe a progressé d’une cinquantaine de mètres au-delà du terminus 2020 de Régis. Ils se sont arrêtés sur une suite de nouveaux ressauts nécessitant un équipement sur corde. Une visée de 20mètres a été faite jusqu’au bas de ces ressauts. Il faudra revenir avec du matos.

La topographie donne une profondeur de -521 mètres au point bas. Le socle est tout proche ! La prochaine incursion sera la bonne. Le gouffre développe à ce jour 1275 m. L’axe du méandre de la désobstination est plein Ouest et il sera intéressant de reprendre de vieilles cavités explorées début des années 80 (par nous déjà…) : Z102, 103 et 104. Sans oublier le Z106 évidemment.

Damien raconte:

Cette fois-ci, on se débrouille pour pas se faire embusquer à la Mouline !.. On arrive quand même au chalet de l'ARSIP vers 22h, avec quelques demis d'avance. Le lendemain c'est levé 6h, départ 7h, entrée dans le trou à 8h et sobres de surcroît, impeccable.

La descente est bien rythmée, je découvre le trou (devrais-je dire la mine?) au fur et à mesure. La spéléo c'est du boulot, ben là ils ont bien bossé, ça passe tout seul y'a juste à se jeter dans les étroitures. 

On fait bien gaffe dans le P125 en descendant par deux, des talkies étaient prévus pour donner le top au deux autres… Ils sont finalement plus là pour décorer mais ça peut s'avérer utile pour de plus grosses équipes, des sifflets peuvent suffire.

Arrivés au chantier 1h15 plus tard, ça fait déjà quelque temps que ça passe un poil moins vite mais rien d'encore trop sélectif. On s'organise et on laisse Thomas et Xebas derrière, désobeurs émérites. Avec Régis on bascule derrière, topographes par défaut. 

La suite, c'est étroit pour de vrai mais heureusement pas bien long, on fait en sorte de pas trop déchirer les combis ! De l'autre côté on respire, le nez au-dessus d'une belle confluence. L'affluent par lequel on débouche est en effet nettement plus modeste que celui que l'on retrouve, bonne nouvelle. 

La topo débute et je suis bien content d'avoir choisi la méthode moderne, le carnet ne servira qu'à matérialiser quelques stations. Seul bémol, ne pas faire tomber le portable dans l'eau et surtout pas le disto impeccable de Mickey (merci pour le dépannage !) transporté jusqu'ici dans sa superbe Pelicase. J'en profite donc pour avoir ma petite excuse et je laisse mon sac à Régis qui me déniche les points topos entre deux jurons, satanés kits.

Ça avance correctement, bien que trempés, pas le temps d'avoir froid. Finalement, y'a plus de 60m avant le fameux R6  terminal de Régis. Juste le temps de terminer les derniers mètres de topo que le spit est déjà tamponné. Mince il foire à moitié, bon a mon tour de me réchauffer, tictictic, tictictic. La topo se poursuit, bip, bip, bip, ok c'est bien un R6.

A nous les grands volumes? Pas tout de suite apparemment, le méandre continue dans les mêmes proportions. On s'autorise une petite escapade et on bute assez vite sur un nouveau ressaut, plus important que le précédent. Nous avons cette fois-ci un R6 et palier suivi d'un R8. Je fais demi tour pour topoter le temps de laisser Régis tamponner, il a tout juste fini quand j'arrive, y'a plus qu'à. Ayant croisé quelques affluents sur la route sachant qu'il pleut pas mal dans le méandre, le débit est désormais plus conséquent (1,5L/s?). Le flux vient frapper un béquet plus bas, ça mouille. Je laisse Régis descendre en Normandie, il  se régale et m'annonce qu'on va manquer de corde. Manifestement pas intéressant de tenter la désescalade, c'est dans l'eau. En bas, toujours pas la tant attendue Zerna mais une petite Zerninette et surtout le méandre qui continue dans le même style. Sommes-nous dans le pissadou du milieu? Bon, deux visées et demi-tour.

Depuis le début de la topo, on entendait de curieux vrombissement derrière nous, on essaye donc de bien se faire entendre des autres avant de s'engager à nouveau dans les étroitures. Ils ont bien bossé, le plus dur est fait mais il reste encore du boulot. Xebas et Régis partent en avance pour le mauvais puits et on en profite pour terminer les accus avec Thomas.

La remontée se fait tranquillement et c'est 3h plus tard qu'on est en haut, que c'est bon de remonter léger, la perfo et les outils sont restés en bas. On est dehors vers 18h, quelques vannes et rigolades plus tard nous voici au parking, une bien belle journée.

En espérant que ce pissoulets nous amène là où vous savez a la prochaine séance, pour l'instant, rien n'indique le contraire.

Damien

 

Déconfinement d’enfer sur Zampory

L’avis de Mickey :

Je me permets quelques commentaires depuis la surface. J'avais écrit à peu près la même chose l'an dernier après l'escapade solitaire de Régis derrière les étroitures de -460 :

Le point atteint dans le Z 127 samedi est en plein sur la Grande Marche de l’Ouest selon l’hypothèse de Jacques Bauer (hypothèse vérifiée une bonne dizaine de fois depuis le 4 août 1993). Pour rappel, la GMO est l’endroit où les calcaires du Crétacé reposent directement du les calcaires du Dévonien ou du Carbonifère. Toutefois, les schistes du Carbonifère ne sont jamais loin. Le passage d’une rivière souterraine sur la GMO ne se traduit pas toujours par une vaste salle effondrée où on perd la rivière du type Verna – Stix – Eclipse, Achéron ou UK 4. On a aussi l’enfouissement de l’actif dans des réseaux pénétrables des calcaires du Dévonien (Chipi, Soudet, BU 56).

En moins de 800 m du sud au nord, on a maintenant 3 cavités qui atteignent ou frôlent la GMO : le gouffre des Partages (sûr), le Z 127 (très probable) et Gorria Lezia (sûr). Côté altitudes c’est assez cohérent : la rivière Z des Partages se perd dans les calcaires dévoniens vers 1140 m d’altitude, le point extrême du Z 127 est à 1138 m d’altitude et au Gorria on a atteint ce contact vers 1165 m. Un peu plus haut que dans les deux autres mais le fond du Gorria est relevé par le horst de Droundak.

Au 127, il est possible qu’on ait un contact direct calcaire du Crétacé - calcaire du Dévonien et là, beaucoup de scénarios sont possibles :

  • 2 ou 300 m de puits arrosés,
  • Une cavité du type Arphidia profond avec des étages fossiles,
  • L’arrivée de la Rivière du Milieu une centaine de mètres au nord du point atteint avec des développements type Verna.

On peut même imaginer un mix des trois avec aussi la possibilité de retrouver dans le Dévonien la rivière perdue des Partages.

Mickey

coupe Garibal

coupe Garibal

Plan Garibal

Plan Garibal

L’équipe se retrouve donc au chalet devant une bonne bière. Damien vérifie que les données du disto x transmises à son smart-phone sont bien là et les commentaires et barjotages vont bon train (comme d’hab).

Thomas continue à faire le pitre , comme à son réveil, et c’est bon signe ! Tout va bien.

Une bien belle journée avec un équipe d’enfer. Merci les jeunes de redonner un peu plus de vigueur à un Amalgame quelque peu vieillissant. 

Un petit coucou à Valérie qui n'a pu être des nôtres ce WE. Elle se rattrapera durant le camp, c'est sûr.

Le camp Amalgame 2021 promet d’être grandiose entre les explos à la sima Garibal et celles à Xendako Ziloa.   

Alain

Les gouffres à revoir cet été

Les gouffres à revoir cet été

Quelques photos de Damien dans le méandre de la désobstination
Quelques photos de Damien dans le méandre de la désobstination
Quelques photos de Damien dans le méandre de la désobstination

Quelques photos de Damien dans le méandre de la désobstination

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