On frôle les -500 à la sima Garibal

Publié le par Groupe Auscitain de Spéléologie

On frôle les -500 à la sima Garibal

Les deux compères Jérome et Régis sont sortis hier de la sima Garibal.... plutôt dans un sale état... tout comme la combi de Régis, en lambeaux.

Le bougre a réussi à passer les passages étroits (voir état combi). 30 mètres plus loin, un gros ruisseau arrive sur la droite et triple le débit de notre petit ruisseau. Nous arrivons en fait par un affluent.  Au delà, Régis progresse encore de 150m jusqu'à un ressaut de 6m. Il est alors à environ -490 m ! Et toujours pas de rivière.

Jérome a topographié du terminus de Jojo (affluent RG) jusqu'au début de la désob, topo à -469.

Le terminus se situe approximativement sous le petit lapiaz où ont été explorés cet été les Z463, et 464. Direction, le Z106 et....

---- A suivre bientôt , nous commençons à envisager sérieusement un bivouac sur Hamacs car devient très très costaud !

 

On frôle les -500 à la sima Garibal
On frôle les -500 à la sima Garibal
On frôle les -500 à la sima Garibal

Jérome raconte:

En complément, voici mon compte rendu trés subjectif...

Enfin, le fameux Z127... Je n'avais pu participer à aucune des sorties précédentes pour toujours de très bonnes raisons (planter les tomates, couper du bois, aller au Pilorge, tailler les tomates, monter à Gavarnie, ramasser les tomates, se cailler à la Cuarde, faire la conserve de tomate...).

Bref.

Nous voici à 7h20 à la Mouline pour la première désillusion: Xebas a compris que la sortie serait laborieuse et n'a pas hésité à se fracturer le poignet pour y échapper. Alain, lui, prétexte d'une sortie la veille pour ne pas venir. Gloups! Je comptais sur eux comme justification pour remonter lentement les puits...

9h30, nous attaquons; d'entrée, une étroiture: ça commence! Les puits s'enchaînent, Régis m'indique quelques subtilités pour passer, que j'essaie en vain de mémoriser pour la remontée. Têtes de puits étroites, ramping: tout y passe.

Déja transpirant, nous voici à la base des puits.

Régis: " moi, je laisse le baudrier ici

- A ce point?

- Non, ça passe bien, c'est pour ne pas l'user...

Long regard dubitatif voire un tantinet inquiet de ma part...

Le méandre est peu méandreux, mais bien serré partout, 7m au dessu du fond. Je sens la galère pour remonter les étroitures. Le point Arrêt topo est dépassé (comment Jojo a t'il fait pour le mettre aussi haut?). J'y abandonne le matos topo et suit Régis, bien entendu devant et qui, sociable, m'indique les passages.

Le calcaire a des picots et pire, de petits choux- fleurs qui hérissent la paroi. Les bruits de déchirure se succèdent, je me demande ce qui restera de ma combi... Quel andouille fais- je! Je devrai revenir pour chercher le matos topo, puis redescendre vers la désob pour enfin remonter vers base des puits au retour.

Enfin le chantier: 24 cm de large, courant d'air. Régis attaque au burineur, je remonte vers le début de la topo que j'atteins après moults errements, coincements et jurons. A propos de juron, y en a un qui résonne: Régis vient de casser son burin.

Je commence la topo:

- se coincer à un endroit adéquat dans le méandre (c'est pas difficile de se coincer...)

- sortir le matos sans rien faire tomber, le poser en équilibre sur le genou, un redant, une bosse...

- chercher le point de visée en anticipant la suite (ça, c'est pas gagné!)

- faire les visées le crayon entre les dents, les recopier

- ranger l'ensemble sans faire tomber ni avaler ledit crayon

- mémoriser le point d'arrivée

- se trémousser jusqu'au point, pour s'apercevoir qu'il ressemble à tout, sauf à ce que j'ai mémorisé; à croire que le caillou est malléable et prend un malin plaisir à changer de forme

Et recommencer l'opération, avec en fond sonore le burineur.

A propos de burineur, tiens, je ne l'entends plus.

Au chantier, Régis est passé, j'entends des frottements et grognements. Je m'y enquille sur 3 m et fait une brève et éphémère tentative pour passer dans les 25cm de libre. J'ai toujours eu des gros os: cette fois encore, marche arrière laborieuse.

15 mn après, du bruit: si ce n'est un blaireau, c'est Régis! Le voici, progressant aisément (c'est à dire 1m par minute). Ca continue! Arrêt sur rien, mais après 30m infâmes, et s'etre jeté dans un actif plus imposant (enfin, quand je dis "jeté", je ne parle pas de la vitesse de progression). Je pense que le pissouilli du Z127 est un affluent d'un affluent de la rivière du Milieu, Graal entre les Graals. 

La remontée est comme prévu laborieuse, lente, ponctuée de ahanements, de coincements de kits, de renfougnes et autres joyeusetés, sous le regard de Régis qui fait dans le social en m'attendant. C'est bien déja bien cuit que l'étroiture de sortie me coince; c'est celle- là la plus terrible,  pour un gouffre qui vaut son pesant de cacahuette: les débutants et autres sorties d'initiation doivent s'abstenir, pour une cavité qui ne sera jamais une classique! 

 

 

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