Xendako Ziloa entre dans la cour des (très) grands

Publié le par Groupe Auscitain de Spéléologie

Xendako Ziloa entre dans la cour des (très) grands
L'approche

L'approche

Mardi 8 Janvier :

Départ du sentier de Ligolette. Marc, Gus « l’homme de la Barousse » et moi tapons du pied en attendant Papou et Mickey. Il est 9h00 quand ils arrivent enfin et on ne tarde pas à démarrer.

Gus et Marc vont au Z127 nettoyer les paliers et remonter les cordes en tête de puits tandis que Mickey Papou et moi partons pour Xendako.

Il y a peu de neige mais vu le froid ambiant et avec  en plus le vent du Nord qui s’est invité au voyage, les névés se sont transformés en glace vive ! Un beau festival de glissades jusqu’ à l’entrée de « la mine » : Le trou du sentier dont on ne retiendra que le nom Basque : Xendako Ziloa.

La grotte aspire un courant d’air de dingue et le parcours jusqu’à la partie terminale est sèche comme jamais.

Nous attaquons le renflement de gauche qui nous bloquait le passage et nous progressons de 2 mètres d’un coup jusqu’à un brusque coude à 90 sur la droite Ici les chailles sont tellement abondantes qu’on ne distingue pas la suite.

La paroi du coude n’est pas très épaisse et au bout de deux bonnes heures de travail acharné , elle nous laisse entrevoir la suite qui se présente sous la forme d’un passage très bas où il faut ramper.

Papou s’y engage sans hésiter et je l’entends rouméguer car il est obligé de ramper dans une flaque de Mondmilch très visqueux . Sa « pauvre » combinaison rouge flambant neuve a changé de couleur !

Je le rejoins dans une petite salle où on peut se relever. Un nouveau passage étroit aspire le courant d’air et nous l’élargissons sans trop de peine. Papou s’y engage les pieds en premier et se retrouve dans un laminoir qui débouche sur un petit ressaut.

Nous descendons tous deux dans une nouvelle petite salle dont les parois sont à peine visibles tant les chailles (rogons de silex) sont abondantes !

Sur un côté nous découvrons un nouveau départ étroit qui commence à descendre vraiment.

Un caillou, puis deux , puis 10 . Comme si on n’arrivait pas à y croire !

Devant nous les cailloux descendent sur 7 à 8 secondes ! Les  impacts nous renvoient un écho démentiel dans ce qui semble être du très gros ! ENFIN !!!!

Un bref regard complice avec Papou « l’homme des deux chèvres » qui partage nos explos depuis tant d’années. On a la banane ! Toutes ces journées passées à «  la mine » n’auront pas été vaines, n’en déplaise à ceux qui nous prenaient pour des fous…

Mickey, qui a été rejoint par Marc et Gus, ne veut pas y croire jusqu’au moment où il entend, lui aussi, le dernier et lointain impact du caillou lancé. Le puits est estimé à 150 mètres !

Marc et Papou parviennent à descendre le petit ressaut de 2.5 m qui en précède un deuxième, haut de 6 mètres et qui conduit à une nouvelle petite rotonde très semblable à celle du P10 un peu plus près de l’entrée.

Devant eux se trouve le départ du « monstre » très vertical. On peut enfin voir le beau calcaire des canyons. Terminé les chailles dangereuses car fragiles comme du verre.

La décision est prise : Mickey reviens chez lui et reviendra demain avec 300 mètres de corde et le matos topo.

Mercredi 9 Janvier :

A 9h30 on entre dans Xendako, il fait encore plus froid qu’hier et le vent violent nous aspire vers le fond.

Marc, Gus et Mickey à la topo et à l’aménagement des passages « limite ». Papou et moi à l’équipement du « monstre »

Le nettoyage des chailles formant le plancher de départ et les parois sur 5 mètre en dessous me prend près d’une heure ! Certaines mesurent plus de 50 cm et font un barrouf du diable en dévalant le grand puits !

Un beau Mickey est installé permettant d’être « plein pot »  et d’éviter ainsi de toucher les parois où subsistent encore quelque chailles menaçantes.

Enfin c’est parti ! pendu dans mon baudrier je me fais un peu « pipi dessus ! » . Stress ou le bonheur ??? Je pense que le plaisir l’emporte et je savoure à fond ma descente vers l’inconnu. Papou observe aussi ma descente avec délectation , il n’en perd pas une miette !

40 mètres plus bas (ça sera la plus longue tirée) je pose le pied sur une vire de 40 cm de large et je pose un goujon puis un deuxième 3 mètres plus bas pour la deuxième corde que j’ai emmené avec moi.

Papou me rejoint jusqu’à la vire en poussant des cris admiratifs. Le puits est de toute beauté , les chailles ont totalement disparu et les lignes sont verticales sur un calcaire de rève hyper compact.

Deuxième tirée . Je me pose 30 mètres plus bas sur une nouvelle margelle un peu plus large. Nouveau goujon puis inspection des lieux : Les dimensions  deviennent impressionnantes ! Le gouffre se divise en deux puits de plus de 7 mètres de diamètre . Je choisis celui qui est dans la continuité de la corde d’accès et je poursuis ma descente vers un gigantesque fond de puits à une quarantaine de mètres en dessous.

Je me pose enfin avec joie sur ce fond de puits qui mesure plus de 15 mètres de diamètre ! La paroi Nord est couverte de remplissages sur une très grande hauteur.

Tandis que Papou me rejoint, je passe sous un énorme bloc coincé contre la paroi et découvre un nouveau départ absorbant un mince filet d’eau.

Le ruisselet cascade dans le nouveau puits qui se présente sous l’aspect d’une  faille très longue et large de 2 à 3 mètres.

Le bruit du caillou que je jette m’oblige à me cramponner à la main courante que je viens d’installer ! Le nouveau puits est non seulement très profond mais il renvoie en plus un écho assourdissant. Le fracas du dernier impact retentit longtemps sur les parois lisses et compactes.

Papou est vite auprès de moi ainsi que Gus. On jette des tonnes de cailloux dans cet incroyable abîme. On ne s’en lasse pas ! Le parallèle est vite fait avec la Sima Grande de Llano Carreras où les puits étaient aussi vastes et résonnants.

Par contre ce qui est moins engageant c’est les énormes blocs coincés au-dessus du puits ! On va éviter de les regarder et encore moins de les toucher !!!

Entre temps Marc nous à rejoint mais pas Mickey. Déception , le matos topo est resté avec lui. On n’aura pas de topo, juste un croquis de mémoire…

Nouvel Y plein pot et c’est reparti.

Les lignes sont splendides, le calcaire de plus en plus beau ! Quelle première magnifique !

Le nouveau puits est très vertical, sans véritable palier. Je le fractionne au mieux mais il faudra ajouter une ou deux déviations.

Bientôt je distingue le fond et le départ d’une partie horizontale. La corde arrive « pile poil au fond u puits qui doit mesurer 80 mètres.

Il reste 4 mètres que j’arrive à descendre en escalade.

Marc me rejoint et installe un petit bout de corde sur le petit ressaut.

Nous parcourrons un incroyable méandre large de 3 à 4 mètres sur une hauteur supposée de 70 à 80 mètres ! D’ où la résonance peu commune  de l'endroit !

Le méandre est très plat, parcouru par un petit ruisselet qui, au bout de 60 à 70 mètres, se perd dans un laminoir impénétrable !!!!

On n’arrive pas à y croire ! Une immensité pareille qui s’arrête d’un coup, comme ça , au détour d’un méandre….

Le courant d’air aussi a disparu… Il faudra le rechercher dans les nombreux départs que nous avons repérés, notamment dans le gros puits parallèle au P110.

Papou et Gus profitent eux aussi du spectacle dans ce très esthétique méandre.

La remontée pépère n’est qu’une formalité et quel pied de voir  les lumignons des spéléos échelonnés dans le P110 nommé actualité (triste) oblige : "Puits des Galets Jaunes" . Le rève est en nous et ne nous quittera pas de sitôt.

Passés la dernière étroiture nous sommes saisis pas le courant d’air qui est vraiment glacial. Il est 18h00 et la nuit est déjà là.

Il fait -6° et avec le vent la T° ressentie est bien en dessous des -10 ! Le retour jusqu’aux voiture n’est pas une partie de plaisir car le moindre rocher est recouvert d’une gangue de glace .

45 minutes plus tard la journée (et quelle journée !) se termine devant un bon café chaud sous le hayon des voitures.

Vive la Pierre, vive la Spéléo, Vive Amalgame !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

 

Le croquis d'exploration

Le croquis d'exploration

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R
La classe !!! Joli 1ere. Hate d'en discuter avec vous.
Rémi-GESA
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