L'enfer vert à Zampory

Publié le par Groupe Auscitain de Spéléologie

J'arrive à la Pierre Lundi vers 11h30. Le temps de poser mes affaires, de casser la croûte, puis direction Zampory.

Mon but est de parcourir le tracé hypothétique de la rivière que nous recherchons depuis -trop- longtemps en surface. Ce depuis le Z115 (plus à l'Ouest nous avons bien fouillé....) jusqu'aux prairies de Bortuzeu. Vaste programme car même si la distance est (relativement) faible, la progression risque d'être "sportive" car elle traverse tout le bracas où seul un seul gouffre a été repéré : Le Z125.

Je démarre donc de l'ancien chemin menant à la Teirola et, au niveau du Z115, direction plein Ouest... Car à l'Ouest, il y a sûrement du nouveau...

Comme prévu le relief est très tourmenté alternant belles tables de lapiaz et larges vallons très broyés. La végétation n'est pas encore trop envahissante et je découvre bientôt un nouveau gouffre non marqué. Celui là si on  passe pas "dessus", on ne le voit pas car sa petite entrée est masquée par un arbuste à raz du sol. Un coup de GPS, ça sera le Z411.

Plus loin, je découvre contre une petite falaise une belle petite entrée de grotte. Un petit puits fait immédiatement suite mais je ne peux pas voir le fond car j'ai oublié ma frontale. Une photo avec flash devrait faire l'affaire (elle dévoile un petit méandre 4/5m plus bas...) ça sera le Z412.

A 35 mètres de là sur une table , une très vieille marque de peinture rouge illisible attire mon attention. Elle signalise un gouffre qui descend sur environ 20/25 m. ça sera le Z413.

Retour par le sentier de la Teirolla et nuit passée à Erraycé pour admirer un superbe coucher de soleil

La grotte Z412 et le méandre au bas du petit ressaut
La grotte Z412 et le méandre au bas du petit ressaut

La grotte Z412 et le méandre au bas du petit ressaut

Le plateau de Ligolette entouré de nuages. On devine l'entrée de Xendako Ziloa sur la photo noir et blanc
Le plateau de Ligolette entouré de nuages. On devine l'entrée de Xendako Ziloa sur la photo noir et blanc
Le plateau de Ligolette entouré de nuages. On devine l'entrée de Xendako Ziloa sur la photo noir et blanc
Le plateau de Ligolette entouré de nuages. On devine l'entrée de Xendako Ziloa sur la photo noir et blanc

Le plateau de Ligolette entouré de nuages. On devine l'entrée de Xendako Ziloa sur la photo noir et blanc

Le lendemain, je pars d'une sente juste avant le tunnel direction le Z116. Je découvre une énorme entrée et ne trouve aucune marquage. On verra ça demain avec Mickey...

Là je commence à entrer dans le vif du sujet ! Je progresse en plein bracas dans un dédale incroyable de dolines jointives et de grandes failles toutes colmatées par la terre. Pendant une heure et demi de progression, pas un seul gouffre n'est découvert, juste deux sangliers qui se vautraient dans une mare de boue au fond d'une doline. Le chien devient fou et tire plus que jamais sur sa laisse , déjà que la progression n'était pas aisée...

Je continue dans cet enfer vert , qui a dit que le massif était un désert de cailloux ???

Je débusque deux coqs de bruyères - cet endroit est vraiment idéal pour toute la faune que l'on n'a pas l'habitude de rencontrer sur les lapiaz...- et tombe enfin sur un premier gouffre non marqué. C'est une entrée de 1 m sur 6 m . Une pente très raide de terre conduit rapidement à une section verticale. ça sera le Z414.

Cinq minutes plus tard c'est un nouveau gouffre de 15 m sur 6 m très vertical où un névé à -10 m semble dissimuler un départ de méandre. ça sera le Z415.

Voilà 3h00 que je "bartasse" dans cet entre-lacis de branches basses, de rochers moussus et de dolines en tout genre. Je trouve un nouveau gouffre de 8 m sur 4 m. Le Z416.

Puis un dernier, au fond d'une fracture très vaste (15 m sur 3 m) . Trois entrées semblent descendre sur une quizaine de mètres de mieux. ça sera le Z 417.

Peu de résulatat pour près de 4 h de prospection.... Il faudra y revenir à plusieurs pour faire une prospection plus efficace "en ligne".

Après une douche indispensable au chalet ARSIP, direction les arres planères pour un nouveau coucher de soleil magnifique.

L'enfer vert à Zampory
L'enfer vert à Zampory

Le lendemain, Mickey se joint à moi pour aller explorer le gouffre découvert le dernier jour du camp et où les cailloux "descendent pendant longtemps".

Un premier goujon me permet d'arriver sur un palier très ébouleux et en dessous de moi, les cailloux descendent vraiment profond ! En cherchant un point propice pour équiper le prochain cran de descente, je découvre un spit avec une plaquette très rouillée...  Sûrement les espagnols de l'IPV lors de leur campagne de 1973...

La suite se déroule dans un puits de 40 mètres très esthétique avec une acoustique splendide !

Le noeud de la corde de 53m pend dans le vide à environ 4 m du fond. Je suis contraint à fractionner sur une vire du puits en attendant Mickey et la nouvelle corde.

En l'attendant je remarque un départ de beau méandre à 4 mètres de moi.

Le fond du P40 est occupé par un petit névé mais le "plancher" de cailloutis est bien visible.

Direction le méandre à 10 m du fond qui domine un nouveau cran de descente d'une vingtaine de mètres de profondeur. Des traces de désobstruction sont bien visibles et Mickey pense que c'est l'IPV 7, exploré par le espagnols et repris en 1983 par le GSHP puis par le SCG.

Voici ce qu'écris Michel Laffite sur le CR du camp de 1983:

Ancienne marque IPV, peut-être le n°7. Refait par le CRS de Belgique dans les années 70. Le SCGascogne descend à -50 environ, arrêt sur névé. Lucarne à élargir et derrière, vaste puits sondé à 30 mètres.Place à la désob...

A la sortie, notre vénérable et bien aimé Président, j'ai nommé le moustachu de service, le roi de la daube, les bacchantes relevées sur des dents ultra-brite, nous fait une description détaillée du trou, cm compris, nous parle d'une chatière à élargir et d'un puits, Oh stupeur, qui doit sonder dans les 30-40 m.

Mais Grand Dieu, par quel miracle ??? Le Pape étant à Lourdes, quelques doutes se logent dans nos cerveaux étroits.

Après nous avoir fait mijoter, il nous tend le CR du GSHP 82. Douat et ses old Boys ont trainé sur la zone et s'étaient gardés sur le feu ce sympathique gouffre pour des jours meilleurs.

Vu les rapports très amicaux datant de la période d'Arphidia III où nous écoutions ébahis et attentifs les belles histoires de l'oncle Michel, le soir à la cabane EDF, une voie sortie timidement du groupe suggéra que l'on pourrait, peut-être, leur élargir la chatière et juste jeter un oeil sur ce puits très engageant. Après quoi bien sûr, notre grande honnèteté spéléo nous obligerait à leur laisser la première, comme il se doit entre gens de bonne compagnie et d'une certaine société où l'homme ........

 P25 . ça queute !!! Merci la chatière et au revoir la Z. A la prochaine....

T'as raison Michel : Au revoir ! Car la topo montre que le bas du P 25 est prolongé par une fissure qui souffle un bon courant d'air... Courant d'air que nous avons bien senti avec Mickey à l'entrée du méandre. Et comme nous à Amalgame les courants d'air, on adore; Ce beau gouffre risque bien de nous revoir bientôt.

Nous allons ensuite Visiter la grosse entrée que j'ai découvert hier matin. Mickey l'identifie comme étant le Z 117. Il reconnaît l'entrée mais pas le fond car le névé a presqu'entièrement disparu. Un très beau miroir de faille de près de 20m de haut borde une sorte de galerie qui s'enfonce plein Ouest. Il faudra revenir topographier et fouiller ce très beau gouffre.

 

L'enfer vert à Zampory
L'enfer vert à Zampory
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