L'escalade du siècle à la Verna, c'est parti... et comment !

Publié le par Groupe Auscitain de Spéléologie

Jean nous raconte le début de cette escalade "hors norme":

Gymnastique hivernale à la Verna

L'année passée, après avoir réalisé une escalade infructueuse dans la salle de la Verna (voir :http://gaspeleo.over-blog.com/2016/04/les-tignous-de-la-verna-ou-quand-la-grosse-se-fait-grimper-de-toutes-part.html) nous avions repris l'escalade de 2009 pour aller jusqu'à ce qui semble être le dernier porche bien visible de la salle. Une barrière de schiste (rocher dans lequel on peut retirer le goujon à la main une fois qu'on l'a planté...) en défendant l'accès à son aplomb, il a fallu faire un petit détour de plus d'une centaine de mètres...

Cela fait plus d'un an que ce projet occupait régulièrement nos conversations. Régis avait construit une sellette (pour pouvoir s'asseoir et se reposer étant donné que la paroi est dans le meilleur des cas verticale et la plus part du temps déversante) et Alain avait tracé sur les murs de la salle plusieurs itinéraires possibles. Finalement, bien malgré lui, Alain ne peut pas se joindre à nous. Après avoir tout organisé, la vie lui joue un vilain tour mais le bougre ne veut rien annuler de ce weekend qu'il a longtemps imaginé. Aussi, c'est sans lui que nous commençons la longue marche jusqu'à la Verna. Nos sacs feraient pâlir un porteur népalais et la neige qui a recouvert nos Pyrénées la semaine dernière ne facilite pas notre progression. Quand nous poussons la baie vitrée du refuge Dominique Prébende, il est déjà bien tard mais la journée ne fait que commencer !

La monotonie de "l’escalade" (si on peut dire, il s'agit quand même de percer un trou de 8mm à bout de bras avec le perforateur, planter un goujon, se hisser dessus et recommencer. On est assez loin de l'image d’Épinal d'un beau blond en débardeur, sous le soleil du sud de la France, suspendu dans le vide, sa vie au bout des doigts) est parfois rompue par un rocher capricieux qui demande discernement et intuition pour ne pas se tromper d'itinéraire et se retrouver sur un abris de bus, décollé de la parois, qui ne demande qu'à rejoindre ses copains 50m plus bas dans le pierrier ! Comptez 2h par longueur de 40m pour le leader et à peine un peu moins pour le second qui remonte à la corde en récupérant tout le matériel.

L'arrivée de nos copains par le tunnel nous a réchauffé le cœur dans cette salle où la température n'est guère plus élevée que celle de mon frigo et les attentes parfois longues... La lumière de leurs lampes a percé l'obscurité et l'échos de leurs voix a brisé le silence dans lequel nous étions plongés depuis plusieurs heures. Leur déambulation à travers les blocs pour se rendre au porche d'Aranzadi était merveilleuse.

Le rappel en fil d’araignée qui nous a ramené au sol était fabuleux et libérateur.

Au refuge, Raymond et Mickey nous attendaient. Attention touchante après une grosse journée de gymnastique hivernale.

Nous avons réalisé un peu moins de la moitié de l’escalade qui permettra d'accéder au porche. Il nous reste encore un peu de temps pour rêver et imaginer le réseau qui se trouve derrière !

La pénible montée jusqu'au tunnel EDF
La pénible montée jusqu'au tunnel EDF

La pénible montée jusqu'au tunnel EDF

Dans l'escalade

Dans l'escalade

L'escalade du siècle à la Verna, c'est parti... et comment !

Ci-dessus l'état actuel de l'escalade. En rouge à droite l'escalade de Régis et Alain sous le porche convoité en 2011. Arrêt sur rocher totalement pourri sur plus de 10m de haut.

Au dessus du relais 2 (en rouge) l'escalade 2009 qui nous avait conduit au milieu d'un puits envahi par une cascade à 115m de la base de l'escalade et à moins de 70m sous le ravin d'Arphidia !

Nous devrions prendre pied dans le grand porche lors de notre prochaine expé. Espérons que je pourrais être l'un des acteurs de cette formidable aventure !

Alain B

L'escalade du siècle à la Verna, c'est parti... et comment !
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article