Revue de presse

Publié le par Groupe Auscitain de Spéléologie

La plus grande grotte du Gers découverte à Bazian

Publié le 25/03/2015 à 03:55, Mis à jour le 25/03/2015 à 10:11

Grottes et Espaces Souterrains - Bazian (32) - Spéléologie

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La salle Léo Barbé à la lumière des lampes frontales… À découvrir ce soir à Bazian./ Photo DDM, GAS

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Le groupe auscitain de spéléologie a fait une découverte inattendue : la plus grande grotte du département, sur la commune de Bazian. L'association expose ses secrets dans un livre qui recense toutes les cavités du Gers.

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C'est une «perte», un creux de terrain, où le ruisseau se perd, près de Bazian. «L'existence d'un boyau d'une dizaine de mètres était connue, se souviennent Alain Bressan et Joël Danflous, deux membres du groupe auscitain de spéléologie. On a découvert un siphon en 2014. Alors, on a attendu qu'il pleuve, pour vérifier le débit…» Les grottes, les spéléologues le savent bien, sont engendrées dans les massifs calcaires par l'action de l'eau. Et là, en dépit du débit d'eau, l'écoulement se fait à grande vitesse. «C'était pour nous l'indice d'un réseau souterrain. On a commencé à chercher la sortie, la résurgence.» À Buget, au pied d'une petite falaise, ils trouvent une grotte inconnue. «Comme un porche dans l'eau. La première exploration nous a montré une voûte basse, inondée, avant une galerie au sec de près de 800 m. Au bout, il y a une cascade, par un passage étroit.» Les explorateurs s'arrêtent là pour la première phase. Ils remettent le couvert en mai 2014, et c'est la grande surprise. Une salle de 60 m de long sur 20 de large, qu'ils ont baptisé Léo Barbé, du nom d'un spéléologue gersois et spécialiste des chauves-souris. Elle est suivie d'une galerie de 10 m de large sur 80 m, aussitôt désignée comme «le métro de Bazian» ! «Au fond, la voûte s'abaisse, et on peut progresser sur 300 m encore dans l'eau jusqu'à un nouveau siphon. La 3e campagne d'exploration a montré — on a employé un narvar, ces dispositifs de recherche pour les avalanches — que ce siphon se trouve tout près de la première perte, explique Alain Bressan. On travaille pour faire le passage. Ce serait l'une des plus longues traversées du Gers : 1 500 m environ !»

Ce soir, à Bazian, dans la salle des fêtes à 20 h 30, les spéléos ont décidé d'inviter la population à découvrir «leur» monde souterrain. «Peu de gens pourront y aller : c'est dangereux. Mais il ne faut hésiter à contacter le club !»

Groupe auscitain de spéléologie : http ://gaspeleo.over-blog.com/

Un inventaire remis à jour

Le précédent inventaire des cavités du Gers, depuis celle d'une dizaine de pas à la plus longue, datait de 1977, et comptait 53 lieux. «On a eu l'idée de reprendre les recherches, et ça s'est révélé contagieux», s'amuse Joël Danflous. Après deux ans de recherches sur le terrain, mais aussi au contact des chasseurs, des cultivateurs, des agences de l'eau, le groupe auscitain de spéléologie en a relevé… 122 en 2014. «On a vraiment été surpris. Et depuis la parution, on en a encore trouvé une dizaine, dont une importante vers Courrensan, impraticable sans équipement lourd.» L'ouvrage traite des cavités, mais aussi de leurs légendes et de leurs utilisations, qu'il s'agisse des chauves-souris ou des artisans de l'Âge du fer…

Spéléologie en Gascogne. 212 pages. 17 €.

Marc Centène

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